Il semblerait que le papot'mag soit destiné aux "premières fois", ce qui est un peu compliqué à trouver après 15ans de roller mais à cœur vaillant rien d'impossible donc au lieu de rouler plus vite, certains ont décidés de rouler sur de plus longues distances.... 
Ce papot va être long à lire, il faut bien ça pour raconter une course plus de 100 Km....
Etape 1 : la persuasion / embrigadement
Habituée de semi-marathon, la distance de 20Km me convient tout à fait, et puis, un jour , dans une conversation, Perrine propose cette année de faire le Rollathlon que Patrick F et C, ainsi que Françoise ont déjà fait... il s'agit d'une course en Savoie sur 103 KM... bien sur comme nous sommes copines, l'idée est que je l'accompagne dans l'aventure...
Pas trop emballée, pourtant mon adresse mail se retrouve dans la boucle dédiée à l'organisation : hébergement... donc je comprends qu'on compte sur moi.... je me résigne et envoie mon inscription réservant ainsi mon week end du 6 et 7 juin.
Le jour J arrivant je prévois de maudire Perrine pour m'avoir entraînée la dedans...
 
Etape 2 : organisation, trajet 
Une fois la question de l'hébergement réglée, reste celle du trajet et du manger : une voiture de "filles" (Perrine, Françoise et moi) conduite par Patrick, une de garçon avec Vincent, Serge et Alain conduite par un autre Patrick. 
Coté alimentation deux écoles s'opposent : plaisir convivialité VS nutrition diététique. A force de compromis nous aurons les deux... pâtes maisons  avec sauce maison de Patrick samedi soir et gatosport  / pain d'épices dimanche matin. Les brioches et MN'S seront réservés au trajet et la pizza à l'après course.
Rendez vous pour le départ de Cergy à 10h30 samedi, deux contretemps, Patrick ayant trop pensé à bien nous nourrir (encore merci)  en a oublié ses chaussettes et sa combi ... léger retard au départ mais rien de grave.
6h de route plus tard, nous voilà arrivés, nous récupérons nos dossards et puces, faisons un tour de reconnaissance sur LA descente finale puis direction le camping : super accueil, installation dans des bungalows et premier repas de sportifs.... 
Perrine qui a investi dans de nouvelles roues, délègue la mécanique à Serge, 
Rappelons ici un conseil de base : ne rien innover avant une course...
L'orage gronde, la tempête menace. 
Vers 22h30, La tempête nous tombe dessus, c'est la fin du monde. Couchée j'attends l’inondation, l’évacuation par les pompiers ou qu'un arbre nous tombe dessus foudroyé, rien de tout cela ne se passe et je parviens à m'endormir...
 
Etape 3 : la course
5h15 réveil.... Ca pique ! il parait qu'il faut manger assez tôt pour avoir le temps de digérer....
Chacun y va de ses conseils, nous sommes 4 novices: boire régulièrement, suivre des groupes, grignoter souvent... nous chargeons les voitures direction l'arrivée, là, nous chaussons les patins,... le stress monte déjà, de toute façon, notre objectif : finir. 
Quelques kilomètres nous séparent du départ, nous les faisons tranquillement en testant les nouvelles roues, inquiets de l’état du bitume : mouillé ou gratton ou les deux...
7h30 : le départ, et comme nous sommes bien conseillées, nous savons que la course commence par une belle montée, donc tranquillement nous entamons ce long périple...
Bien sur pas question de partir seules, quelques kilomètres à bonne allure avec Perrine, Vincent et Yanis (copain du PUC) mais une longue portion de gratton aura raison des forces de Perrine, les garçons nous lâchent mais nous ne serons pas seules.
La région est belle et nous prenons un peu le temps de profiter des paysages les kilomètres défilent finalement assez vite, et nous réalisons que nous avons fait l'équivalent d'un marathon, puis que nous sommes à la moitié du parcours...
Nous sommes en peloton, l'allure est bonne, on peut compter une quarantaine de patineurs par moment, pas encore de grosses douleur ni de coup de barre.
Il y a du ravitaillement en bord de route tous les 10 Km et des motos qui proposent bananes, bouteilles... il y a des gens devant leur porte pour nous encourager, il est pourtant encore très tôt... 
Bref, tout roule... roule, roule, sans réfléchir, sans y penser nous patinons, les yeux rivés sur le bitume.
70 Km, nous avons pris la tête du peloton, Perrine puis moi, une bonne allure, mais, il y a des montées, des chicanes, le peloton est "cassé", nous avons moins d'énergie et malheureusement peu de solidarité, de quarante nous restons à 4 avec un patineur du PUC et Mathieu.
Les 25 derniers Km ont été  difficiles : mal de dos par intermittence, mal aux chevilles, aux doigt de pieds, des endroits improbables... jeprends la tête de ce peloton de rescapés, il semble que j'ai un peu plus d'énergie que mes coéquipiers.
Deux dernières montées, avant une descente, LA descente, 3Km en roues libres et là, nous savons tous qu'au bout c'est la fin. Il ne me vient pas à l'idée de me positionner en petit train pour prendre de la vitesse, trop peur de ne pas pouvoir maîtriser et de finir dans le bas côté, si proche du but...
Un dernier rond point à négocier, Perrine est devant moi en équilibre instable, nous nous rejoignons, épuisées, endolories et soulagées, nous y sommes arrivées, nous avons bouclé la boucle, dépassé nos propres limites physiques et mentales,
Un coup d’œil au chrono : 4h39. Un peu déçue j'avoue intérieurement je visais 4h30....
Les copains sont là pour nous accueillir, nous féliciter, nous aider à retirer nos patins qu'à cet instant nous haïssons.
 
Etape 4 : Le débrief et retour
Une fois que les tongs ont remplacées les patins, échange d'impressions, nous attendons les derniers du groupe : Alain pour qui c'est une première a eu de belles fayeurs dans la descente finale, Patrick C qui n'a pas cette année pu aller au bout et Françoise qui cette année a fait une chute la conduisant à l'hôpital pour de belle plaies et une épaule luxée.
Retour au camping, douche, rangement, bagages et repas avant de prendre la route, nous sommes tous fatigués mais finalement personne ne dit "plus jamais ça".
Trajet retour sans encombre si ce n'est les éternels ralentissements en région parisienne.
Retour maison vers 23h.
Lundi : échange par mails, liste des douleurs qui restent, pas grand chose, et on sera tous là mardi à l'entrainement, personne n'ayant vendu ses patins...
 
Etape 5 : La morale de cette histoire
Laissez vous embrigader par vos amis, par ceux qui partagent l'envie de se dépasser. Lancez vous des défis et allez au bout et  même au delà.
Je promettais de maudire Perrine mais comme je le présentais, c'est merci que je lui dit, parce que c'est un truc à vivre. 
 
Il y a  des chances pour qu'on remette ça l'an prochain. 
Qui vient ?????? "
 
Caro F